13 mai 1945

Les retrouvailles

Monter dans le train à Saint-Lazare, c'est retrouver des gestes qui avaient été familiers autrefois. Roger la fit arrêter au début de la rue Carême Prenant. Il voulait la descendre à pied ; elle lui avait donné tant d'inquiétudes, quelques mois plus tôt, dans le canard du Stalag qui affirmait qu'elle avait été bombardée et à moitié détruite.

Les maisons du début de la rue sont intactes. L'inquiétude le reprend à la vue d'un immeuble effondré. Mais la joie fait de suite place lorsqu'il aperçoit que l'immeuble de son domicile est intact.

Il entra, cœur battant, dans la cour et leva la tête. Là-haut, au troisième, il vit son épouse qui lui souriait. Il y avait tout juste cinq ans qu'il n'avait pas revu ce sourire.

Il sera court, l'épilogue, car le bonheur se vit et ne se raconte pas, ou très peu. André et Roger se sont revus. Tous deux ont eu la grande chance de retrouver toute leur famille au grand complet et en bonne santé, en compensation de ces cinq longues années de frustration.

Cinq ans après son départ d'Argenteuil, Roger Devaux retrouve enfin le sourire de son épouse. Ainsi s'achève Treize qu'ils étaient.
Commander Treize qu'ils étaient